Evan Fournier a-t-il enfin trouvé sa place en NBA ?


Le décollage

«Si l’Insep n’existait pas, Evan n’existerait pas non plus», explique son père

Evan Fournier est un pur produit de l’INSEP, au sens propre comme au figuré : ses parents ex judoka s’étant rencontrés sur les tatamis du centre. Il y a tout appris, de la bicyclette aux crossovers, en passant par l’équitation. Et oui, déjà très jeune le petit Evan partage son temps entre ses deux passions que sont la balle en cuir et le cheval. Bien entouré, Evan ne s’est jamais pressé et n’a jamais sauté les étapes. Enfin à une exception près : dans une vidéo où on découvre Evan, encore stagiaire à l’INSEP, chambrant son modèle Mike Pietrus (vous savez l’ex scoreur des Warriors, celui qui aurait pu compléter le duo des Splash Brothers).

Après un passage à Nanterre, Evan débute très tôt en Pro A à seulement 17 ans avec le club de Poitiers. Il cherche tout d’abord à s’intégrer au sein de l’effectif et à renforcer son impact physique. Un an plus tard, son talent et son potentiel sont déjà reconnus avec une médaille d’argent au championnat d’Europe Juniors en 2009 et il participe au Nike Hoop Summit, qui regroupe les meilleurs joueurs âgés de 18 ans. Il affronte l’équipe US composée notamment d’Anthony Davis et Bradley Beal. Malheureusement, se sachant épier par tous les recruteurs NBA, Evan passe à côté de l’évènement et termine la rencontre avec 6 points (à 2/8) et 6 rebonds en 22 minutes. Véritable échec, Evan réalise que tout n’est pas si facile, tout ne tient qu’à un fil.

Néanmoins il parvient à rebondir avec son club où il devient en mars 2012 le plus jeune joueur, après Batum, à être élu MVP du mois (NDLR : devant messieurs John Cox et Ricardo Greer). Il se fait même une place parmi les étoiles de la LNB, entre autres Albicy, Linehan ou encore Samnick, lors du All Star Game du championnat français en 2011. In fine, il tient les rênes de son club et ses performances individuelles (14 points à 42 % aux tirs) permettent à Poitiers de se maintenir dans l’élite. Cette dernière année européenne est donc pour lui une réussite autant, sinon plus, collective que personnelle.

Fort de statistiques convaincantes et d’une expérience humaine de laquelle il sort renforcé mentalement, la draft 2012 se présente donc comme la nouvel obstacle à franchir pour Evan. Bien encadré par Nicolas Batum durant l’ensemble de la campagne de préparation en vue de la Draft, il réalise de bonnes performances lors des « workouts » qui lui ouvrent les portes de la NBA. Batum connait son poulain et dira très justement que « sa principale force c’est sa confiance en lui » et c’est cette sur confiance qu’il capitalisera tout au long de sa carrière afin de rebondir et de s’affirmer. Choisi au premier tour en 26ème position par les Denver Nuggets (avec en prime le premier choix parmi les internationaux), il obtient un contrat garanti qui lui assure une place dans l’effectif de la franchise du Colorado. Le jeu offensif et en transition de sa nouvelle écurie doivent à priori lui convenir. L’histoire voudra que lors de son premier entrainement, il postérise « The Manimal » Kenneth Farried. C’est un acte banal…

Des débuts délicats dans la franchise des poulets fris Picard

La première année, si tout le monde ne tarit pas d’éloges sur son basketball IQ (sorte d’intelligence de jeu sur une échelle allant de Javale McGee à Steeve Nash), les minutes sur le terrain se font rares. Malgré tout, ses débuts sont assez encourageants étant donné son temps de jeu effectif (rapporté à 36 minutes par match, son rendement s’élèverait à 17 points). Mieux intégré dans la rotation lors de la saison 2013/2014, Fournier participe à 76 matchs pour 8,4 points en moyenne à 42 % aux tirs dont 38 % à 3 points. Il se fend même de quelques prestations de haut vol comme notamment ce match contre Sacramento en février où il bat son record en carrière avec 27 points. Mais Fournier s’affirme surtout comme un robuste shooteur extérieur. A ce titre, nous nous permettront une comparaison folle avec le maitre contemporain en la matière, Klay Thompson, et cela pour de multiples raisons : i) c’est un arrière de grande taille d’ailleurs ils mesurent tous deux 2,01 m, ii) il dispose d’un sens du démarquage et de la position idéale remarquable, iii) sa rapidité d’exécution lui permet de dégainer très vite à trois points, iv) son geste et sa mécanique du shoot ne sont pas sans rappeler ceux de Klay comme en témoigne les 9 minutes de vidéos compilant ses 85 tirs primés réalisés en 2013-2014. Jetez y un œil la ressemblance est flagrante (https://www.youtube.com/watch?v=LtqzYDpIQ8U). En un mot comme en cent, Fournier aux tirs extérieurs c’est un peu le Action Man du basket : il regarde, il analyse et il se lance, tout cela en un rien de temps.

Décevant avec les bleus mais resplendissant depuis son arrivée à Orlando, Fournier raffole des montagnes russes

Contrairement aux championnats d’Europe de 2013, Vincent Collet le sélectionne pour porter le maillot des bleus lors de la coupe du monde. Alors que l’ensemble des observateurs, en première ligne desquels la rédac de Temps Mort, s’accordait pour voir en Fournier un leader potentiel dans l’attaque des français, son temps de jeu et son apport laissent un gout d’inachevé (hormis sa prestation solide au 3ème quart temps contre les croates en ¼ de finale, où il se mue en héros pour maintenir à flot les bleus). Dans un effectif moyen il ne parvient pas à s’affirmer mais jubilera au moment de décrocher la médaille de bronze.

Courant de l’été 2014, il troque son numéro 94 avec les Denver (natif du Val de Marne, tel le Jeremy Menez du Basket) pour revêtir le maillot d’Orlando, une franchise qui lui promet davantage de temps de jeu et de responsabilité dans l’animation du jeu offensif. Le pari n’était pourtant pas gagné au sein de la franchise floridienne, puisqu’il se doit de faire oublier Aaron Affalo, meilleur marqueur en 2013/2014, contre qui il a été échangé à la surprise quasi générale. Pourtant, après deux mois de compétition, Orlando semble avoir misé sur le bon cheval. Aujourd’hui aux Magic, le français a trouvé une constance qui lui faisait défaut depuis son arrivée en NBA, comme en atteste ses statistiques depuis le début de l’année (15 matchs à plus de 15 points en 29 rencontres disputées). Début novembre il prend chaud avec quatre matchs consécutifs à 19 points ou plus, dont 28 points scorés au Madison Square Garden, son nouveau record en carrière. Le lendemain, le quotidien Orlando Sentinel titrait : « Vive Fournier », une véritable tribune militant pour la titularisation d’Evan malgré le retour d’Olidapo. Ce fut chose faite, puisque depuis le retour du sophomore, accessoirement cerveau de la bande (faut voir le reste de la bande), Fournier a gardé son statut et son rôle au cœur du 5 majeur. Pour l’heure (fin décembre), Fournier tourne à 15 points de moyenne par match (45 % aux tirs dont 40 % aux tirs primés soit le 17ème meilleur ratio de la ligue) en 33 minutes. Son entente avec le pivot Vucevic (le joueur des Magic lui ayant délivré le plus de passes décisives) témoigne de sa capacité à se démarquer et à sentir le jeu. Ces deux-là sont d’ailleurs amis dans la vie, le monténégrin, élevé en Belgique et totalement francophone, partageant sa passion pour le rap français.

Encore trop juste pour être sélectionné dans la Fantasy NBA, Fournier peut prétendre à l’avenir à jouer des coudes avec les meilleurs scoreurs au poste d’arrière de la ligue. Et puis quand on y pense, le dernier français ayant évolué en Floride s’appelait Mike Pietrus, en 2009, une année où le Magic a atteint les finales NBA (défaite face aux Lakers). Alors pourquoi pas rêver grand ?

Fini de décrire on passe à la suite 

Révélation de la saison 2014/2015 en termes de scoring, Evan remporte le titre de MIP (meilleure progression) mais ne parvient pas à hisser les Magic au sein du grand huit final. C’est donc avec un statut de franchise Player qu’il se pointe aux championnats d’Europe de 2015. Devant son public, la dream team française (Parker, Fournier, Batum, Lauvergne et Noah) rayonne et s’impose en finale contre ces diables de serbes. A son retour aux USA, un coup de fil de Tim Duncan, nouvel assistant coach des Spurs, le convainc de rejoindre la franchise texane dans l’optique de former le nouveau trio magique des San Antonio avec Kawhi Leonard et Patty Mills. Pour un joueur français de son calibre, tous les chemins mènent aux Spurs…

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s