Mais qui es-tu Michael Carter Williams ?


Drafté au 11ème rang en 2013, ce qui est bien mais pas top, Michael Carter Williams, aka MCW, restera dans l’histoire pour avoir réussi l’une des meilleures prestations lors d’un premier match NBA. Pour son dépucelage, le bleu se fend de 22 points, 12 passes, 9 interceptions et 7 rebonds. Une ligne de stat impressionnante quand on la compare à celle du n°1 de la Draft 2013, Anthony Bennett qui lui a attendu son cinquième match afin d’inscrire ses premiers points. S’agirait-il encore de comparer quelque chose de comparable.

Quand on parle de « grands » meneurs, on pense nécessairement à Magic Johnson, Penny Hardaway ou encore Shaun Livingston, ces joueurs émargeant à plus de 197cm. Ce serait tout de même pousser le bouchon un peu loin que d’envisager une comparaison entre le génie de Magic Johnson et celui de MCW. Certes, MCW n’égalera jamais la finesse, le touché et la lecture du jeu de celui dont la carrière s’est arrêtée bien trop brutalement (atteint du VIH il doit mettre un terme à sa carrière à seulement 31 ans). Certes, on doute de MCW qu’il remporte 5 bagues de champion NBA et 3 titres de MVP. Certes il n’aura surement jamais l’aura médiatique et le côté « people » de son ainé. Mais en cherchant la petite bête, on peut leur trouver des similitudes. Tous deux ont aligné de très belles lignes de stats lors de leur première saison NBA : 17 pts, 6,2 rbs et 6,3 pd pour MCW contre 18 pts, 7,7 rbs et 7,3 pd pour Magic. En remportant le titre de Rookie of the Year (ROY), Michael peut même se targuer d’avoir en poche un trophée que Magic a lui du laisser à son rival d’autrefois Larry Bird. On voyait bien mal comment Victor Oladipo et consort auraient pu lui ravir ce titre. A ce titre, MCW est d’ailleurs le seul joueur dans l’histoire récente de la NBA (les recherches sont assez fastidieuses et nous nous sommes limités à remonter à 1990) à obtenir la récompense de ROY en étant drafté au-dessus de la 10ème place. Pour ne citer que Philoctète, l’entraineur de Hercule dans le Disney : «Pas mal petit, pas tout à fait ce que j’avais prévu mais pas mal »

Shine Bright Like a Diamiond

Tout le monde attend au tournant un ROY à l’approche de sa deuxième saison, celle supposée de la confirmation. Malgré une blessure contractée en présaison, tout ce qu’on peut dire au regard des statistiques de MCW depuis son retour fin novembre c’est que le garçon est complet. Peu de joueurs peuvent en effet se vanter de marquer 15 points (certes entachés d’un bien maigre 38 % aux tirs dont 24 % à 3 pts), prendre 6,5 rebonds et délivrer plus de 7 passes par match. A la fin-décembre MCW a déjà réalisé deux triple-doubles et s’affiche donc à seulement 21 ans comme un joueur à la palette bien garnie. On ne sera toutefois complètement exhaustif sur ses performances qu’en ajoutant les 4,5 pertes de balles par match soit de loin les mains les plus savonneuses de la ligue.

Nonobstant quelques déchets, on comprend bien là le potentiel du jeune loup. En effet, à 21 ans et une seule saison NBA au compteur, on peut dire que MCW est encore aux prémices de sa « learning curve » (ndlr : courbe d’apprentissage, une sorte d’échelle entre un Zach LaVine qui a encore tout à apprendre et Duncan le vieux singe à qui on ne va pas apprendre à faire la grimace). Si MCW engage un entraineur particulier pour le faire progresser dans son adresse au tir (selon nos informations, Lolo Foirest serait sur le coup) et qu’il parvient à assainir son jeu des nombreuses pertes de balle, alors il pourrait aspirer à un bel avenir. L’autre grand chantier pour ce jeune joueur c’est celui de l’instinct de tueur. Etre plus saignant en fin de match et s’affirmer d’avantage dans les vestiaires comme un leader incontestable lui permettraient sans aucun doute de passer un cap (notre autre Lolo national, l’emblématique Laurent Sciarra, serait pressenti comme mentor).

Si petit frère veut grandir très vite, il ne faut toutefois pas bruler les étapes. Comme celle par exemple de respecter un All Star….Si notre rédaction, nostalgique des Payton, Miller et Garnett, n’a rien contre un peu de saillie verbale au cours des matchs, il s’agirait toutefois de maitriser l’art du « trash-talking ». En tachant de rentrer un peu dans le lard de son adversaire du soir, Russel Westbrook, MCW qui espérait faire rêver la NBA n’a récolté que moqueries et quolibets. Le trash-talking c’était définitivement mieux avant….

Quel avenir pour les 76ers de MCW ?

La franchise peut-elle renouer avec les sommets atteints en 2001 (défaite en Finale NBA face aux Lakers) grâce au duo mythique Allen Iverson/Larry Brown ? A cette époque un seul homme sur le parquet avait porté les Sixers sur ses épaules pour en faire la meilleure franchise de la Conférence Est. Aujourd’hui, on voit mal MCW faire le boulot tout seul. Deux solutions s’offre donc à Philadelphie pour redorer son blason : i) espérer l’éclosion de certains de ses jeunes talents, notamment Joel Embid et Nerlens Noel, respectivement 3ème et 6ème choix de la Draft 2014 et 2013. Deux gaillards (les deux jouent pivot) qui pourtant restent très fragile le premier ayant tiré un trait sa saison 2014-2015 suivant le triste exemple de Nerlens Noel qui avait manqué l’ensemble de la saison passée. ii) s’attacher les services de quelques grosses pointures afin de garnir ses rangs. On se prêterait bien à rêver du retour des natifs de Pennsylvanie : Kyle Lowry, Tyreke Evans, Mickael Kidd-Gilchrist ou encore ce bon vieux bougre de Matt Carroll.

En outre, l’idée de s’exiler parait certes attrayante pour un joueur de son calibre qui pourrait largement intégrer les effectifs des grosses écuries. Mais nous à la rédac de Temps Mort on aime bien s’attacher à l’amour des joueurs pour leur maillot, et il nous semble trop tôt pour MCW d’aller voir ailleurs. Il a encore beaucoup à prouver et les spectateurs du Wells Fargo Center, dont la seule attraction est bien ce meneur longiligne, méritent bien d’en profiter encore un peu. Et puis le coach ne se nomme t’il pas Brown (pas Larry mais Brett) un détail pour certains alors que d’autres y verraient une raison de rêver. Il suffit d’y croire…

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