Alors, c’est si faible que ça la draft 2013?


Chaque draft NBA est une œuvre d’art. Certaines, comme les drafts 1984 (Jordan, Stockton, Olajuwon, Barkley), 1996 (Kobe, Iverson, Nash, Allen) et 2003 (LeBron, Melo, Wade, Bosh) sont de véritables chefs-d’œuvre. D’autres eurent une trajectoire moins rayonnante. C’est le cas de la cuvée 2000, dont les meilleurs éléments furent Kenyon Martin, Jamaal Crawford et Michael Redd. En même temps avec Stromile Swift et Darius Miles en 2ème et 3ème choix, le destin de cette draft semblait tout tracé : celui d’une vulgaire croûte. Quid du millésime 2013 ? Pour juger de la qualité d’une draft, il faut un minimum de recul. Cependant, après seulement un an et demi passé sur les parquets NBA, tout semble déjà indiquer que cette promotion 2013 prendra la même direction.

Une histoire de timing…

Faut-il réellement attendre de chaque draft qu’elle offre à la NBA un futur hall of famer et une pléiade de all-stars ? Cela ne ferait-il pas que banaliser l’exceptionnel? La NBA a évidemment besoin de son lot de draft historiquement fortes, celles qui exacerbent les rivalités entre joueurs d’une même promotion dont les fans raffolent. Néanmoins, ne négligeons pas ces drafts faiblardes. Avouez que si la compétition entre les plus forts est la plus passionnante, celle entre les plus nuls est la plus marrante. Rien de tel, pour un fan de basket, que de relire les prévisions des scoots sur ces joueurs, qui une fois sur les parquets NBA, ont fait un four : voir Adam Morrison annoncé comme le futur Larry Bird ca n’a pas de prix. (http://www.nbadraft.net/players/adam-morrison)

La draft 2013 est encerclée, étouffée par deux promotions exceptionnelles. Celle de 2012 qui voit débarquer en NBA Anthony Davis, Damian Lillard, Bradley Beal et consorts. Et celle de 2014 où ce ne sont ni plus ni moins qu’Andrew Wiggins, Jabari Parker et Joel Embiid qui rejoignent la grande ligue. Des joueurs qui sont amenés à dominer la NBA de demain. D’ailleurs certains n’ont même pas attendu demain pour s’imposer, car demain c’est loin. Anthony Davis s’affirme déjà comme le meilleur poste 4 de la ligue. Quant à Damian Lillard, il a remplacé son sang par de la glace pour mieux assassiner ses adversaires à coup de « buzzer beater ». Au milieu de tout ça y’a nous y’a moi ? Non y’a le draft 2013, et c’est pas glorieux.

… et de blessures

L’histoire de la draft 2013 connaît son premier tournant tragique le 14 février 2013, jour où son meilleur élément, Nerlens Noel, se blesse gravement. Diagnostic, une rupture des ligaments croisés du genou qui l’éloignera des terrains pendant près de 2 ans. Et c’est là que le bas-blesse : Nerlens Noel, un joueur avec un talent défensif certain mais dont la palette offensive est aussi peu garnie que ta palette d’art plastique les jours où t’avais oublié tes tubes de gouache, faisant la quasi-unanimité auprès des scouts comme first pick. Nerlens Noel, le chef de la bande. Faut voir le reste de la bande. Le second coup dur est assené par Marcus Smart lorsque celui-ci, annoncé dans tous les scouts comme l’un des 3 meilleurs éléments de la promotion, décide de prolonger son expérience universitaire d’un an, renonçant ainsi à s’inscrire à la draft. C’est enfin une cascade de blessures, avant et pendant la saison régulière, qui finiront de la mettre KO: Anthony Bennett (1er choix) ne jouera que 52 matchs, Otto Porter (3ème choix) 37, Nerlens Noel (6ème choix) aucun…

On fait le bilan calmement

A ce stade, offrons nous le luxe d’effectuer un saut dans le temps pour arriver directement à la fin de la saison régulière 2013/2014. Inutile de s’attarder sur les play-offs vu qu’aucun rookie n’y jouera de rôle majeur, vous l’aurez compris. Au-delà des blessures, c’est le niveau réel des joueurs qui inquiète. Vous avez probablement eu vent de l’histoire d’Anthony Bennett, le premier numéro 1 de draft de l’histoire à attendre 5 matchs avant d’inscrire son premier panier en NBA. A sa décharge le gamin accumule les problèmes de santé : asthme, apnée du sommeil qui le contraint à dormir avec un masque à oxygène et surpoids. Il finit la saison avec une moyenne de 4,2 points et 3 rebonds, soit légèrement moins bien que Ryan Kelly… 48ème choix de la draft. Mais Benett n’est pas un cas isolé, c’est l’ensemble de la promotion qui déçoit. Si l’on cumule les statistiques moyennes des 10 premiers choix de la draft, le résultat est assez triste : 6,6 points-2,7 rebonds-1,5 passes en 19 minutes. En comparaison, le top 10 de la draft 2012 émergeait à 10,4 points-4,3 rebonds-2 passes en 25 minutes. C’est moins bon dans toutes les catégories statistiques, signe que cette promotion 2013 n’est pas parvenue à s’imposer.

Attention, tout n’est pas a jeté non plus. La saison historique du rookie Michael Carter Williams, auteur de 16.7 points-6.2 rebonds-6.4 passes en moyenne, en est la preuve (cf l’article « Mais qui es-tu Michael Carter Williams ? » ). Il en va de même de la saison encourageante de Victor Oladipo, qui s’est rapidement installé dans la rotation d’Orlando. Et que dire de Giannis « the Greak Freak » Antetokoumpo, et son potentiel athlétique hors du commun. Mais est-ce vraiment suffisant pour restaurer le tableau de ce bien triste crue? Pas vraiment, surtout si on re-contextualise la performance de MCW. S’il a très bien rempli ses lignes de stats, il a profité de l’incroyable faiblesse des Sixers l’an passé (19 victoires pour 63 défaites) pour surnager. Pour preuve ses 3,5 pertes de balle par matchs et ses faibles pourcentages au shoot (40% au shoot dont 26% à 3 points) montre qu’on lui a laissé les clés du navire Sixers et qu’il en a fait ce qu’il voulait. Pas étonnant d’ailleurs que ces derniers aient essayé de s’en débarrasser cet été pour profiter de sa forte valeur marchande. Les satisfactions sont peut-être donc à aller chercher ailleurs.

Une bonne draft… de joueurs moyens        

En réalité, la draft 2013 souffre de son impressionnante homogénéité : une ribambelle de joueurs bons mais pas tops. Si certaines causes semblent perdues (Bennett et Porter pour ne citer qu’eux), d’autres, parmi les 10 premiers sélectionnés peuvent encore devenir des joueurs tout à fait corrects à l’avenir. Trey Burke, meneur du Jazz au shoot aussi fiable qu’un Shaq sur la ligne des lancers mais au QI basket largement supérieur à la moyenne serait le lieutenant idéal pour un prétendant au titre. Ben McLemore, gâchette invétérée mais barrée par l’armada de scoreurs des Kings l’an passé, devrait profiter du départ d’Isaiah Thomas aux Suns pour prendre du poids dans l’attaque des Kings. Cody Zeller et son énergie débordante feront de lui un joueur très précieux aux Hornets.

Du côté des lottery pick on retrouve pas mal de joueurs solides. Des intérieurs notamment : Kelly Olynyk, Mason Plumlee, Gorgui Deng, Steven Adams. Des joueurs dont l’évolution est à suivre, capables d’apporter de l’intensité des deux côtés du terrain. A l’extérieur aussi, on retrouve des joueurs de qualité. Beaucoup voient en Dennis Schröder un Rajon Rondo 2.0. Enfin, les performances de Shabazz Muhammad cette saison (13,4 points de moyenne à 50% de réussite au tir) sont encourageantes pour un joueur qui semblait perdu pour le basket il y a encore un an.

Mais la véritable perle est à aller chercher encore plus loin dans la draft, à la 27ème position plus précisément. On y retrouve notre Rudy « you shall not pass » Gobert national. De par sa taille (2m18) et son envergure phénoménale (2m36), il s’est déjà imposé comme un patron des raquettes. Limité à une dizaine de minute pour sa saison rookie, il présentait déjà des stats honorables (2,3 points-3,4 rebonds-1 contre, soit presque aussi bien que notre ami Anthony Bennett). Cette saison, son temps de jeu explose, et ses stats aussi : 6 points, 7 rebonds et 2 contres en 20 minutes. Il est d’ailleurs le meilleur contreur de la ligue rapporté à un temps de jeu de 36 minutes. Même si son jeu offensif reste encore un peu frustrant, ses progrès sont indéniables : 64% de réussite au tir et 65% aux lancers (contre 49% dans les deux domaines l’an dernier). Chez Temps mort on est persuadé qu’il est là le vrai bon coup de cette draft.

Bref, la draft 2013 ne figurera jamais au panthéon. Elle fournira une palanquée de role players, peut-être un futur meilleur 6ème homme, voire un all-star, mais rien de mieux. Relativement médiocre, comme tes peintures en cours d’arts plastiques finalement…

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