Une March et ça repart


La March Madwhat ?

Oui, la March Madness (Folie de Mars en VF si tu as eu moins de 7 au bac en LV1) est le nom donné au tournoi final, en élimination directe, qui réunit les 64 meilleures équipes universitaires américaines chaque année, suite à la première phase du championnat. Elles sont divisées en 4 groupes selon leurs régions et selon leur prestige mais surtout selon leurs résultats récents. Comme à Roland, 16 têtes de séries sont désignées dans chaque région en fonction de leurs résultats lors de la première phase. Le fonctionnement est le même que pour les playoffs NBA (le premier rencontre le dernier qualifié, le deuxième rencontre l’avant-dernier etc…) ce qui donne encore plus de charme aux « upsets », quand David l’outsider bat Goliath le favori. Les demi-finales de cette compétition s’appellent le Final Four et réunissent donc les vainqueurs des 4 groupes début avril. C’est l’événement le plus populaire du basket aux USA, devant même les finales NBA à en croire les audiences TV (18,3 M pour le Final Four contre 17,7 M pour la démonstration Spurs/Heat).

Pourquoi le basket universitaire déchaîne t-il autant les passions de l’autre côté de l’Atlantique?

Les Américains sont friands de tout ce qui tourne autour de la NCAA (National Collegiate Athletic Association) et donc du sport universitaire. Déjà parce qu’ils aiment s’identifier à leur propre fac ou à la fac de leur ville : il y a quelque chose de sacré lors du passage au college comme ils appellent ça la-bas et les équipes sportives permettent à certaines universités de rayonner au niveau national. Ne vous étonnez pas de voir le Lucas Oil Stadium d’Indianapolis affiché complet lors du Final Four cette année (67 000 places tout de même!). La draft étant aussi un moment clé de la vie de la NBA,  la March Madness puis le Final Four sont des occasions de voir comment les prospects réagissent lors des matchs couperets, surtout lorsqu’il s’agit de joueurs attendus comme des superstars depuis leur adolescence comme Wiggins, qui avait déçu par son manque de leadership l’an dernier. Inversement Shabazz Napier, 2 fois champion NCAA avec UConn, ou encore Gordon Hayward avec la petite université de Butler (coaché par Brad Stevens à l’époque et sans lien avec Jimmy) en 2010 ont su faire monter leur cote grâce à des March Madness et des Final Four impressionnants.

Pourquoi Barack Obama s’amuse-t-il à pronostiquer la March Madness tous les ans?

Parce qu’il est trop frais. Mais bon, il est resté dans sa zone de confort en choisissant Kentucky comme champion cette année… Faire son bracket (pronostic) est aussi courant que de faire partie d’une ligue de Fantasy Football aux States. Crise oblige, cette année Warren Buffett ne filera pas 1 milliard de dolls à celui qui pronostique tous les matchs de la March Madness avant même le début de la saison (et donc des premières phases). En même temps, vues les faibles probabilités, personne n’a jamais pu toucher le pactole…

Qui va stopper l’invicible Kentucky ?

Forcément, tout le monde se demande si Kentucky pourra continuer à être invincible après 31 victoires lors de la première phase et être la neuvième équipe de l’histoire à être championne sans la moindre défaite. A noter que UCLA l’a fait 4 fois en 10 ans entre 1964 et 1973 (dont deux années consécutives!)… Depuis longtemps, UK dispose d’une équipe forte dirigée par la légendaire Coach Calipari. Récemment, il s’agit surement de l’université la plus prolifique en termes de bons joueurs NBA souvent one-and-done (ne restant qu’une seule année) comme John Wall, Eric Bledsoe, DeMarcus Cousins, Brandon Knight, Rajon Rondo ou encore MKG. Cette année, l’équipe est bien équilibrée entre les freshmans prometteurs qui se presenteront surement à la draft cet été : Trey Lyles, qui sera présenté comme un intérieur à l’esprit offensif dans NBA 2K16, Devin Booker, arrière au shoot fiable et surtout Karl-Anthony Towns, intriguant pivot avec un gros potentiel offensif et déjà très efficace en tant que rim protector. Tous ces enfants sont accompagnés par des sophomores comme Dakari Johnson ou encore les frères jumeaux Harrison, anciennes stars au lycée. Vus il y a 2 ans comme des lottery picks, ils sont aujourd’hui grillés comme le vulgaire Kentucky Fried Chicken Place d’It car jugés trop lents et pas assez athlétiques pour le poste de meneur en NBA. Willie Cauley-Stein, le doyen de la bande, est un pivot mobile et athlétique qui a débuté en tant que back-up de Nerlens Noel et qui a eu la lucidité de rester en NCAA 3 ans pour affiner son jeu. Malin, pour ne pas subir comme tant de grands dominants en NCAA arrivés beaucoup trop tôt en NBA (Même si parfois, ça ne suffit pas…H. Thabeet, 3 ans en NCAA, je te vois et te pointe du doigt). Ohio State menée par D’Angelo Russell, Louisville, ou encore Kansas avec Kelly Oubre comme go-to-guy peuvent aussi aller bout. Enfin, impossible de ne pas dire un mot sur Duke, l’équipe du freshman de l’année et favori pour être top pick de la prochaine draft, Jahlil Okafor. Il n’est pas non plus exclu qu’une fac moins cotée crée l’exploit, tout est possible et c’est bien pour cela qu’on appelle ça la March Madness. Vous l’aurez compris, le chemin sera compliqué pour Kentucky, leur première défaite de la saison sera la dernière, quelle cruauté, mais quelle beauté en même temps…

A part ça, pourquoi faut-il suivre la March Madness cette année?

Déjà le jeu est généralement moins saccadé, plus rythmé (2 mi-temps de 20 minutes) qu’en NBA malgré les possessions qui peuvent en théorie être interminables (35 secondes). Si vous êtes fan des tirs à 3 points, vous allez vous régaler puisque la ligne est presque 1 mètre moins loin (6,32m contre 7,24m en NBA) et certains universitaires sont déjà de vrais gâchettes notamment l’intriguant pivot Frank Kaminsky de l’université du Winsconsin. Cela vous permettra aussi de voir si les projections de Nbadraft.net sont fantaisistes ou non. Gary Payton II est-il le nouveau Avery Bradley, donc un Gary Payton du très pauvre? Myles Turner (Texas) est-il vraiment le nouveau LaMarcus Aldridge ? (Si c’est le cas, pourquoi n’est il pas projeté plus haut qu’en fin de lottery/milieu de 1er tour?) Et puis vous pourrez voir le vivier de joueur dont disposera les Sixers dans les 10 ans à venir et leurs 52 tours de draft. Vous n’avez plus d’excuses pour ne pas suivre la March Madness. « If you don’t know, now you know » comme dirait l’autre.

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