Jimmer Fredette, récit d’un bust en bonne et due forme


Quelle folie c’était cette Jimmermania. Numéro 10 de la draft en 2011 après une année en NCAA impressionnante où il cumule 29 points par match et ponctuée du titre de joueur universitaire de l’année, la hype s’empare des US.  C’est simple, tout le monde parlait de Jimmer : d’ESPN en Prime Time, au Wallmart du fin fond de l’Utah, en passant par Barack Obama. Sauf que 4 ans plus tard, la hype est sacrément retombée. Et contrairement à Jeremy Lin et sa « Linsanity », Jimmer n’a jamais su vraiment rebondir et vient de se faire couper par les Spurs après un essai catastrophique en présaison. Trop de pression ? La grosse tête ? La célébrité ? Ou la simple preuve qu’exploser en NCAA ne rime pas forcément avec réussir en NBA ? Enquête.

« Unbelievable. Best scorer obviously in the country. Great talent » Barack Obama, Président des Etats-Unis d’Amérique

« I love Jimmer Fredette; he’s the best player in college. I think he can be a solid pro » P. Pierce

Jimmer Fredette, nait dans une banlieue tranquille de l’état de New-York, à Glen Falls, le 25 février 1989. Dés son plus jeune âge, Jimmer montre des prédispositions au basket et une détermination hors norme. La légende veut qu’il marque son premier 3 points à l’âge de 5 ans. La vidéo n’est malheureusement pas disponible sur Youtube, mais on lui accorde avec plaisir. Jimmer est un shooteur, un vrai.
Son destin était tout tracé, il monte les échelons progressivement en prouvant au fil des matchs ses capacités de meneur scoreur – surtout scoreur à vrai dire -. Il devient d’ailleurs le meilleur scoreur all-time de son lycée et on l’imagine bien, le petit Jimmer, sortir avec la cheerleader en chef de Glens Falls High School et terroriser les nerds et geeks (ndlr : il épousera finalement en 2012 Whitney Wonnacott, cheerleader de son université) . On le comprend, qui n’en aurait pas profité ?

« Jimmer has more range than a Shania Twain vocal » Anonyme

En 2007, il rentre à Brigham Young University (BYU), exactement 30 ans après Danny Ainge. Jimmer a alors tous les ingrédients en attaque pour percer au plus haut niveau. Il se donne même tous les moyens de réussir en NBA en restant en université jusqu’en Senior Year, alors que les mockdraft l’annoncaient au premier tour après sa junior year. Au calme, il enchaine les performances de haut vol. On ne compte plus les matchs qu’il fait en double figure au scoring, les matchs à plus de 20, 30, 40, 50 points même. On ne compte plus non plus le nombre de journaux qui le nomment joueur de l’année en 2011. Il jimmerisait toutes les équipes moyennes qui se dressaient devant lui.

Mais les haters se font entendre. C’est vrai que Jimmer ne fait jamais de passes et ne crée pas le jeu (ratio Assist / Turnover de 1,22 en 2010), mais à quoi bon quand ses tirs rentrent (3.3 3pts par match à 39.6%) ? On dit aussi que Jimmer ne défend pas. Son coach tente de rassurer le peuple en expliquant que c’est la stratégie de l’équipe pour l’économiser et qu’il ne prenne pas de fautes. Jimmer est trop petit pour être arrière ? Peu importe la taille, pourvu qu’on ait l’ivresse et ce n’est pas Isaiah Thomas, drafté lui aussi par les Kings, qui dira le contraire. Seulement, Isaiah Thomas est le 60ème pick cette même année…

« For God so loved the world; he gave us Jimmer. » Samantha, Cheerleader à UCLA

Capture d’écran 2015-10-23 à 17.36.22

Le trade qui amène Fredette en NBA : Who’s laughing now ?

 

Alors, quand il arrive à Sacramento, vous l’aurez compris, les attentes sont énormes et la pression immense. Jimmer se paye même le luxe, pour le premier match de présaison de planter 21 points. Dans un roster faible et inexpérimenté, accompagné des jeunes Whiteside, Thomas et DMC, les Kings finissent la saison avec un bilan très faible de 22-44. Fredette obtient un peu de temps de jeu derrière Thomas et Evans, et tente de continuer à scorer mais rapidement, il n’arrive pas à faire ses preuves. Il n’y a qu’à voir les deux matchs ou ils plantent le plus de point, contre Denver et Memphis, il est à -22 et -20 à +/-, il y a des stats qui ne trompent pas…

Tous ses défauts ressortent, son manque d’athlétisme, son absence de création de jeu, ses trous d’air en défense, ses mouvements sans ballon inefficaces. Selon 82games.com, lorsqu’il est meneur, il fait 3,5 passes de moyennes pour 2,6 turnovers (par 36 minutes) et lorsqu’il est arrière, il laisse l’arrière adverse marquer 20 points par 36 minutes. Enfin, force est de constater qu’il n’est pas non plus un bon joueur de pick and roll, pourtant indispensable en NBA.

Les Pick and Roll pour les nuls : en attaque

Les Pick and Roll pour les nuls : en défense

La vérité est cinglante, Fredette n’est pas utile tel quel pour les Kings. Il n’est pas une option fiable en attaque et pour cause. Il doit à tout prix travailler sur les deux aspects qui distinguent les Ray Allen et Reggie Miller des Adam Morisson : le jeu sans ballon et le jeu en transition. L’arrivée d’Aaron Brooks en 2012 aux Kings ne va pas l’aider à éclore… Les rumeurs de trade sont nombreuses, mais qui veut de lui ? Peu d’équipe, et même aucune à vrai dire…

« My man, you just got Jimmered » Ray Allen à TP au Game 6 en 2013

La suite n’est qu’une longue descente aux enfers. Coupé en février 2014 par les Kings, il rejoint les Bulls. Son efficacité en défense n’aura certainement pas convaincu Thibodeau de l’aligner avec les Bulls et il ne jouera que 8 matchs. Vous voulez une anecdote ? Jimmer est le scoreur le plus rapide de l’histoire des Bulls, devant Michael Jordan, en à peine deux minutes après son premier match. Dinguerie non ? Pendant le garbage time, bien évidemment.

Un record de plus pour Jimmer, sur une belle gestion de tir en transition (nooot) :

Libre en 2014, il signe aux Pelicans où il continue sur les même bases. La suite de l’histoire est bien triste et colle avec la réalité de la NBA : c’est un rêve qui n’est pas accessible à tous. Jimmer n’a pas demandé la Jimmermania, il n’a pas demandé à être drafté en n°10 et il n’a jamais crié qu’il était le meilleur scoreur de NBA mais il n’avait pas le talent qu’on voulait bien lui attribuer, pour sur.

Son avenir reste flou, peut-il continuer à exercer le basket au plus haut niveau, même en dehors des US ? En a-t-il le courage ? Chez Temps mort, on ne se prononce pas mais on te souhaite bonne chance Jimmer, et on préfère se souvenir de toi comme le scoreur fou de NCAA. Parce que s’il y a bien une chose qui est sure, c’est que toute cette hype est bien venu de quelque part, tu sais si bien shooter Jimmer…

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