Le basket, une histoire de gènes ? La NBA et ses Frères


Le sport c’est dans les gènes. Les chiens ne font pas des chats. La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre. On les connaît les dictons qui nous sont ressassés depuis tout môme et qui débouchent sur l’ultime question lors des déjeuners de famille : « Dis papy, tu étais bon footballeur quand tu étais jeune ? et au basket, tu jouais quel poste ? »

David Epstein, rédacteur en chef de Sports Illustrated, prend le parti dans son livre « Le gène du sport » de démontrer l’importance du génome hérité de ses aïeux pour expliquer les performances des sportifs. Il prend le contre-pied de la fameuse (fumeuse ?) théorie des 10 000 heures, selon laquelle il suffirait de 10 000 heures de pratique dans un domaine pour en devenir expert. Clairement à la rédaction, on est expert en NBA 2k…

On se souvient tous de la finesse des frères Kalou, de la rugosité des frères Neville, de la classe internationale des frères Cheyrou, mais qu’en est-il des fratries en NBA ? Voici la liste non exhaustive de quelques cas d’école dans le domaine du basket.

Marc et Pau Gasol : « E Viva España »

Destins croisés pour ces deux hermanos de Barcelone. Marc, trop gros au lycée, n’aspirait pas à la même carrière que son frère. Pau est alors 3ème choix de la draft 2001 et Rookie of the year. Son frère le rejoint 6 ans plus tard, à une place bien moins sexy (48ème position). Mais sans le savoir, la NBA vient de découvrir l’une des plus talentueuse brotherhood de son histoire.

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Churos et chupitos pour le vilain Hobbit joufflu

Le Tennessee a toujours eu un accent ibérique…Après la draft 2001, Pau débarque à Memphis et ramène dans ses valises toute sa famille : le padre, la madre et le petit frère. C’est même dans le cadre de l’échange de Pau aux Lakers que les Grizzlies récupèreront Marc en 2007. Echanges de bons procédés. Et alors que Pau n’a connu que la gloire individuelle avec les Grizzlies entre 2001 et 2007, Marc, au delà d’être sans doute le meilleur intérieur de la ligue avec Davis (NBA First Team 2014-2015), a fait de Memphis l’une des franchises les plus régulières de la Conférence Ouest depuis 2010.

Au fil des saisons, Marc se révèle donc et Pau s’enlise à Los Angeles. On l’a même pensé perdu le bougre au coeur du bling bling de la « Cité des Anges », lors de la saison 2012-2013 où toutes ses stats s’effondrent sous les ordres de Mike D’Antony, plutôt réputé pour ne pas jouer sur ses intérieurs (confère les Suns de Nash). La presse hollywoodienne déclare que le torchon brule entre Gasol et son coach, entre Gasol et Bryant, entre Gasol et tout le monde. Dès lors, Gasol va faire le forcing pour changer d’air. Il se rongera son frein pendant quasi deux ans pour attendre la fin de son contrat et quitter l’enfer de LA, l’été 2014, direction Chicago.

La saison passée marque l’avènement de la fraterie. Marc et Gasol tournent à plein régime (17pts/8rbs/4passes pour le premier et 18pts/12rbs pour le big bro) et amènent chacun leur équipe en demie de conférence. Cette même année, ils deviennent donc logiquement les premiers frères à démarrer un All Star Game. A noter qu’à eux deux ils cumulent 7 participations au All-Star Game.

Pourtant ce début de saison 2015 est plus laborieux. On avait laissé Pau au 7ème ciel à l’automne et sur le toit de l’Europe. Pour l’heure, on le retrouve timide et pas à l’aise avec le système Hoiberg. Idem pour Marc, qui semble bien esseulé à Memphis cette année et il faut le dire peu aidé par le veteran Randolph. A 30 ans pile, Marc vient tout de même de signer un juteux contrat de 110 M$ sur 5 ans. Il est logique de relever la barre et d’attendre de lui qu’il reste l’un des Top 3 pivot de la ligue.

En définitive, si depuis le coup d’envoi du championnat il semble que les deux fratés peinent, sans doute par leur âge pour Pau, ils devraient corriger le tir très vite. Comme le dit un proverbe espagnol : »nada mas peligroso que un toro herido » (il n’y a rien de plus dangereux qu’un taureau blessé).

Avantage Espagne : avec une paire d’intérieurs comme celle là, c’est tout un pays qui espère la médaille d’or aux JO de cet été.

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Brook et Robin Lopez : « Les Jumeaux Barjots » (si si souvenez vous du dessin animé sur Cartoon Network)

Brook est non seulement arrivé au monde 1 minute avant son frère Robin, mais il a aussi devancé son cadet de 15 minutes en NBA (10ème choix pour Brook contre 15ème choix pour Robin). C’est donc l’histoire sans fin, du petit frère qui cherche à exister dans l’ombre de l’autre.

Et depuis leur arrivée en NBA, l’histoire se répète. D’un côté Brook, franchise player des Nets, qui dès sa première saison s’est imposé comme un des intérieurs incontournables de la conférence Est (All Star en 2013). En carrière Brook tourne 18 points 7 rebonds et 2 contres. De l’autre, Robin c’est 8 points et 5 rebonds. Ce qui est bien mais pas top. En fait, il n’y a pas grand chose à dire du début de carrière aux Blazers. Un début de carrière sans bruit en somme, un peu comme celui d’un Kosta Koufos ou d’un Spencer Hawes.

Même lorsqu’ils s’affrontent, il faut que Brook rafraichisse la mémoire du cadet sur qui domine l’autre : https://www.youtube.com/watch?v=AJjmX8t3IAM. C’est comme si Brook voulait éternellement rappelé à son frère que c’était lui qui le martyrisait dans le lit en lui pétant dans les narines, et pas l’autre.

A noter que si les frères sont deux joueurs de basket, ils restent deux cerveaux bien faits, en atteste leur parcours dans la prestigieuse université Stanford, d’où sont sortis entre autres : Steve Ballmer (Microsoft), Hewlett et Packard (Hewlett & Packard) mais aussi Tiger woods et McEnroe (sortis sans diplôme, allez savoir pourquoi ils ont choisi le sport…). Ils étaient même des énormes geek, ultra-fan de comics et de l’univers de science-fiction. Ce n’est donc pas vraiment l’image qu’on se fait de superstar sportive américaine : plutôt que de jouir de leur statut de dieu vivant pour draguer toutes les cheerleaders (#bluemountainstate), les deux compères préféraient se rendre au magazin de comics (#thebigbanbtheory).

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« T’as vu ta gueule, t’as vu tes bras, ils sont tellement maigres qu’des fois on dirait un velux »

Aujourd’hui Robin a rejoint son frère à New York, pour jouer dans le vrai club de la Big Apple, les Knicks. Il faut croire que l’éloignement physique a eu raison de la carrière de Robin aux Blazers, ou alors c’est la fuite de tous les talents de cet été. A jouer dans la même ville, ils auraient pris une colloc dans le Lower East Side, une vraie colloc de geek un peu branché hipster. Mais cette rivalité pourra t’elle relancer un derby de New York bien tristoune depuis plus d’une décennie ?

Avantage Robin : Parce qu’on adore les Knicks et qu’on déteste les Nets.

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Miles et Mason Plumlee : « The American Dream », le mythe de la parfaite famille américaine

Trois frères : Miles, Mason et Marshall. Trois sourires rayonnant, trois dentitions blanches et parfaites. Mais surtout, trois superstars à l’Université de Duke, connue pour être l’un des meilleurs programmes de basket du territoire, sous la houlette de Coach K. Sur cette fratrie de trois, les deux premiers sont aujourd’hui en NBA (Mason et Miles) et le dernier a préféré enfiler l’uniforme de l’armée plutôt que de suivre les pas de ses ainés. Ces trois là sont la preuve humaine que le sport est une affaire de famille, et que par les gènes se transfère un potentiel athlétique hors norme. Et c’est surtout une aubaine pour les parents : quand on estime le coût d’une année université à Duke aux alentours de 80k $ et que chacun des frère y a passé 3 années avec une bourse d’étude sportive, on s’aperçoit que les parents ont économisé la coquette somme de 720k $ (calculs de la rédaction, on précise).

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« God save America » My name is Mason Plumlee and I approve this message

Pour les frères Plumlee, l’été fût pour le moins actif puisque tous les deux ont changé de club, et même de conférence. Miles a quitté les Suns pour rejoindre Milwaukee. Mason a lui posé ses valises à Portland pour essayer de faire oublier les départs de Lopez et Aldridge. C’est dire le challenge. Si Mason a réussi à faire son trou en Oregon, il faut dire que sans concurrence c’est toujours plus simple, ce n’est pas le cas de Miles qui continue à être relégué au bout du banc des Bucks.

Avantage Mason Plumlee : Promis à une belle carrière, Mason confirme aux Blazers.

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Tony et TJ Parker : Un frère peut en cacher un autre

Une analogie avec Entourage s’impose : Tout le monde connait Vincent Chase (prononcez Vincin Tchayze) à Los Angeles, petit protégé du cultissime Ari Gold. Mais personne ne connait son frère Johnny « Drama ». Et bien chez les Parker, c’est tout pareil.

Tout a été dit sur TP mais rien sur TJ. Dans la famille Parker, je demande le petit frère !

Pour les vrais gars fans de Pro A et de la salle Pierre de Coubertin, vous avez aperçu TJ entre 2005 et 2007 comme doublure de ce diable de John Linehan. Les autres (l’immense majorité d’entre vous) ne se doutent même pas de l’identité du frérot. A titre d’information, TJ Parker, c’est 5 saisons en Pro A, pour 5 points et 1 passe de moyenne par match.

Mais comment grandir dans l’ombre d’un frère multiple All Star, MVP des Finals, vainqueur de 4 bagues de champion et d’un titre de champion d’Europe,  soit le meilleur joueur de l’histoire du basket tricolore ? Ce palmarès à la Federer ne vous laisse que très peu place pour vous faire ne serait-ce qu’un petit trou sur les parquets.

Dès lors, la reconversion s’impose. Et c’est le grand frère, tout frais propriétaire de l’ASVEL, qui lui offre une chance de prendre son pied dans le staff technique du club français. Il a donc depuis plus de deux ans la double casquette d’assistant coach et de porte-parole du président Tony. Son analyse du rachat du club rhodanien par son frère est pour le moins profonde et surprenante : « Quand nous étions petits et jouions à « L’entraîneur », il disait toujours qu’il voulait racheter un club. Il l’a fait et est plus que jamais à fond derrière l’Asvel. Il veut en faire un très grand club européen et ce serait génial s’il y avait une rivalité entre Paris et l’Asvel, comme celle qui opposa les Lakers aux Celtics. » Peut-être y arrivera-t-il un jour, c’est en tout cas tout ce qu’on lui souhaite à ce Parker inconnu. A dire vrai,  sur L’entraineur, on déjà vu des clubs comme le Paris FC ou Martigues gagner la Ligue des Champions.

Avantage à la Pro A : c’est important d’en placer une pour notre ligue domestique et de faire d’un soupçon de chauvinisme. Allez l’ASVEL.

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« Oui, j’ai toujours été un le « frère de », mais cela n’a jamais été pesant… » Tu m’étonnes ! Quand ta belle soeur c’est Eva Longoria tu fais pas trop le rageux…

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Marcus et Markieff Morris : « Qui est qui ? » présenté par Marie-Ange Nardi

Cet été Marcus a été prié de quitter l’Arizona et de s’envoler pour Detroit. Au delà du choc thermique pour Marcus, ce fût un choc émotionnel pour Markieff qui l’a très mal vécu, en témoigne son tweet plein de cynisme :« Lol this is a foul game here man ». Selon les frères, derrière ce trade, comprenant Danny Granger et Reggie Bullock, se cachait le plan machiavélique des Suns afin d’accueillir Aldridge. Ce fût un flop. Et à part se mettre à dos Markieff (il a annoncé tout l’été vouloir lui aussi quitter la franchise…mais jusqu’ici il y est toujours), Phoenix n’a rien vraiment gagné dans cette histoire. En revanche, selon la direction des Suns c’est une tout autre histoire que ce trade. Phoenix en a juste sa claque des racailles que sont les frères Morris, condamnés une nouvelle fois pour agression en janvier dernier. Ils étaient déjà des terreurs bien connues des services du shérif du Kansas alors qu’ils étaient la fac.

Il a en effet bien des raisons d’avoir la rage contre la direction de Phoenix le Markieff…euh le Marcus (c’est flou cette histoire de jumeaux). En février 2013, Phoenix réussit un joli coup en enrôlant Markieff et table sur la nouvelle association des jumeaux pour fonder une nouvelle dynastie. Pour le plaisir de rejouer ensemble, les deux frères acceptent même un salaire inférieur à celui qu’ils auraient pu monnayer ailleurs.

Mais Marcus a l’air de bien s’éclater chez les Pistons. Il a davantage de responsabilités offensives et joue beaucoup plus (36min contre 25). C’est pourquoi, ses stats ont connu un joli coup de boost depuis l’intersaison (14pts contre 10). Markieff quand à lui peinent à progresser et s’affirmer comme le leader des Suns en ce début d’exercice. A croire que la pilule est mieux passée chez Marcus que chez Markieff (ou c’est peut être l’inverse).

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Aucun photoshop promis juré craché

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Bien d’autres fratries existent ou ont existé en NBA, puisque comme vous l’aurez compris les gènes y sont pour quelque chose dans cette histoire de talent.  On aurait pu donc citer les frères Tyler et Cody Zeller, écrire sur Goran et Zoran Dragic, sur Blake et Tyler Griffin ou encore les Splash Brothers (MDR).

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